Le crowdfunding ou Financement par la foule : dons, prêts, investissement au capital - Dare to be better ? OK !

Publié le 23 Septembre 2014

Le crowdfunding ou Financement par la foule : dons, prêts, investissement au capital - Dare to be better ? OK !

Le crowdfunding (ou littéralement, « financement par la foule ») est en plein boom.

Selon les dernières données, les montants collectés par ces plateformes en France vont doubler en 2014, pour dépasser la barre des 150 millions d’euros. Certains professionnels estiment même qu’à l’horizon 2020, ces montants pourraient atteindre plusieurs milliards d’euros. De fait, cette toute « jeune » profession doit sa vitalité notamment à l’attachement renouvelé à la communauté, à l’essor des NTICs ou encore aux préoccupations écologiques et sociales croissantes. Mais surtout, le crowdfunding bénéficiera d’un cadre réglementaire propre. Precepta vient de publier, après plusieurs mois d’enquêtes, une étude réalisée par Sabine Gräfe sous le titre : « Le crowdfunding ou financement participatif en France - Consolidation du marché et business models » En voici les principaux enseignements.


Le dynamisme dont bénéficie l’ensemble des formes de financement participatif, peut-être classé en trois grands segments :

1. Les dons avec ou sans contrepartie (de différentes natures : goodies et produits liés à l’univers du projet, achat par anticipation de produits concernés…) ;

2. les prêts (micro-crédits qui transitent par des Institutions de Micro Finance, crédits solidaires entre pairs et prêts rémunérés à destination des particuliers ou des entreprises) ;

3. l’investissement au capital, en direct ou via une holding ou equity crowdfunding, voire crowdinvesting, crowdequity.

Les plateformes françaises entrent dans « la légalité »

De fait, cette toute « jeune » profession doit sa vitalité notamment à l’attachement renouvelé à la communauté, à l’essor des NTICs ou encore aux préoccupations écologiques et sociales croissantes. Mais surtout, le crowdfunding bénéficiera d’un cadre réglementaire propre. Deux nouveaux statuts ont ainsi été mis en place par l’ordonnance votée fin mai 2014. Les décrets d’application étaient annoncés au plus tard pour la rentrée.

Le premier statut, l’Intermédiaire en Financement Participatif, brise le monopole bancaire. Il permet en effet aux particuliers de consentir des prêts rémunérés à d’autres personnes, physiques ou morales.

Le second, le Conseiller en Investissement Participatif, allège les procédures qui régissent l’investissement en capital. Par ailleurs, aucun des deux statuts n’exige de minima en termes de fonds propres, difficilement supportables pour les jeunes start-up.



Une profession en phase de structuration

Ce contexte favorise les créations de plateformes, avec à la clef une intensification de la concurrence. En effet, sur les 8 premiers mois de l’année, une vingtaine de nouveaux acteurs sont venus grossir les rangs de la profession. Mais tous ne parviendront pas à s’imposer. Des disparitions de plateformes sont d’ailleurs d’ores et déjà recensées, alors que deux premières opérations de rachats ont été menées. En phase de structuration, la profession n’échappera pas à un processus de concentration au cours des prochaines années. Un processus qui touchera de façon différenciée chacun des grands segments du marché.

Les professionnels du crowdfunding font par ailleurs la course à la taille critique. De fait, le modèle des plateformes est basé sur une rémunération à la commission sur les sommes collectées par leur intermédiaire. Les acteurs doivent en effet faire du volume rapidement, tout en étant prudents pour construire leur notoriété et réputation, gages d’attractivité de nouveaux utilisateurs. Les leaders historiques ont clairement l’avantage. Mais dans ce marché soumis aux effets de réseaux, la hiérarchie concurrentielle peut être bouleversée à tout
moment.

Les opérateurs à la manœuvre

Pour se démarquer des acteurs historiques, les nouveaux venus misent sur la spécialisation (géographique, sectorielle ou communautaire). Ils cherchent à séduire ainsi une nouvelle population d’internautes, voire à détourner même une partie de la clientèle acquise aux modèles généralistes. Reste que ce positionnement impose l’excellence. Alors qu’elle s’adresse certes à des communautés de « passionnés », plus réceptives, et dispose d’une meilleure visibilité, la spécialisation limite a priori la communauté cible.

Face à un afflux de nouveaux venus, les leaders se diversifient. Ils jouent en effet la carte de la proximité (comme Ulule) et ils ouvrent des plateformes dédiées aux problématiques de financement des entreprises (à l’image de My Major Company ou du projet prévu pour 2015 par KissKissBankBank). La plupart de ces initiatives de diversification sont menées par de nouvelles marques. Un choix que seuls les leaders, qui peuvent capitaliser sur leur notoriété, se permettent.

En outre, les anciens et leurs challengers s’internationalisent. Cela concerne surtout le segment du don, aujourd’hui le plus facilement exportable. Ainsi, Ulule et KissKissBankBank revendiquent d’ores et déjà un statut de leaders européens. L’internationalisation sert également à contrer l’arrivée des leaders américains sur le Vieux Continent, à l’image de Kickstarter, déjà présent au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

La communauté au cœur du développement

Au-delà de ces manœuvres, un point fait l’unanimité : la nécessité de s’appuyer sur une communauté active, pertinente et fidèle. Tout comme la capacité de faire de ses membres des ambassadeurs de la marque. Leur attachement passe par l’accès à un univers d’expériences qui va de l’ergonomie du site (formulaires d’inscription, navigation…) au dialogue avec la communauté en passant par les solutions proposées via différents espaces (blogs, newsletters…). Les plateformes doivent en fait penser leurs marques comme des médias. Avec un préalable : la construction d’une identité forte et le partage de valeurs communes avec la communauté ciblée. Enfin, les plateformes se muent peu à peu en véritables marques sociales construites sur la « mise en réseau » des différentes parties prenantes.

Jouer la complémentarité avec l’économie « traditionnelle »

Jusqu’à récemment, la finance traditionnelle percevait cette « jeune » profession comme un concurrent. Pourtant, les deux « mondes » sont bien complémentaires, de l’avis des experts de Precepta. Malgré la taille du marché du crowdfunding, les possibilités de collaboration ouvrent en effet de nouvelles perspectives. D’ailleurs, les partenariats se multiplient et contribuent à créer de véritables écosystèmes : entre plateformes, avec des acteurs publics (à l’exemple des collectivités), voire avec des acteurs de l’économie « traditionnelle » et notamment de la finance (banques, business angels, fonds d’investissement). BNP Paribas, partenaire d’Ulule et de Wiseed, entend par exemple contribuer à « faire émerger des projets qui n’ont pas vocation à être financés dans le circuit traditionnel ».

source : http://www.itrnews.com/articles/150698/crowdfunding-nouvel-eldorado-financement.html?key=2c33f281d3ad3e8e

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