Les tablettes : Luxe ou inutilité ? N’ont remplacé ni les ordinateurs portables ni les smartphones en tant que terminal informatique principal

Publié le 28 Novembre 2014

Les tablettes : Luxe ou inutilité ? N’ont remplacé ni les ordinateurs portables ni les smartphones en tant que terminal informatique principal

En 2010, lorsqu’Apple a réinventé la tablette, transformant un dispositif épais, pataud et flanqué d’un stylet en une expérience tactile élégante et sophistiquée répondant au nom d’iPad, les sceptiques étaient légion. En effet, la place qu’occuperait ce nouveau périphérique entre les smartphones et les ordinateurs portables n’était pas clairement définie. Et pourtant, à la surprise générale pas moins de 4,2 millions d’iPad se sont écoulés dès le premier trimestre.

Les tablettes ont donc fini par se faire une place entre les ordinateurs portables et les smartphones, devenant au passage le troisième périphérique le plus utilisé pour les applications personnelles. Elles se sont également invitées dans les entreprises, sans être subventionnées par les employeurs dans la plupart des cas.

Depuis, rien n’a changé. Les entreprises n’ont toujours pas adopté les tablettes à grande échelle, et aucune application d’entreprise n’est réellement incontournable. Aujourd’hui, la croissance des tablettes est au point mort, d’où la question : les tablettes ont-elles un avenir dans les entreprises ?


Quelques chiffres

Les discussions récemment consacrées aux tablettes ont porté sur le ralentissement de la croissance des ventes et le manque d’innovation. Pour réussir, les entreprises doivent être en phase de croissance, et si le marché des tablettes s’essouffle, il n’est pas encore mort.

Un rapide regard sur les derniers chiffres publiés par Apple révèle une baisse annuelle de 13 % des ventes d’iPad. Ils vendent cependant 12,3 millions d’unités pour un chiffre d’affaires de 5,3 milliards de dollars. Au niveau de l’hexagone, bien que les ventes de tablettes aient presque doublé depuis 2012, un fort ralentissement (environ 21%) est à prévoir, selon l’institut GFK.

En dépit de ventes en repli, le business généré par les iPad n’en demeure pas moins énorme, avec un chiffre d’affaires supérieur à celui de Facebook, Twitter, Yahoo et Tesla réunis ! Pendant ce temps, le gourou high-tech Walt Mossberg estime que les tablettes sont « des outils extrêmement polyvalents et productifs pour les particuliers, les étudiants et les entreprises, et qu’elles sont mieux adaptées à de nombreuses tâches que les PC ou les smartphones. »

Cependant, le problème est qu’à ce jour, les tablettes n’ont remplacé ni les ordinateurs portables ni les smartphones en tant que terminal informatique principal — et tant que ça ne sera pas le cas, les tablettes demeureront un produit de niche.


Une alternative aux ordinateurs portables ?

Processeurs rapides, design léger, fonctionnement instantané et grande autonomie de batterie : ces fonctionnalités correspondent exactement à ce dont les utilisateurs de PC portables rêvent depuis une vingtaine d’années. Pourtant, certaines raisons empêchent encore la tablette de supplanter l’ordinateur portable, en particulier au sein des entreprises :

· Le coût — Si le coût des ordinateurs portables a baissé, ce n’est pas le cas pour les tablettes. Un iPad Air 2 avec seulement 128 Go de mémoire coûte environ 700 euros, alors qu’on trouve facilement des ordinateurs portables 13 pouces avec disque dur de 750 Go autour de 500 euros, d’éventuelles remises permettant d’abaisser encore les prix.

· Aucune aide incitative — De nombreuses sociétés autorisent leurs employés à utiliser une tablette pour accéder à leurs applications professionnelles — pourtant, elles ne participent généralement pas à leur financement ni à celui des services de connectivité réseau. Si les opérateurs ne subventionnaient pas l’achat des appareils, et si les entreprises ne prenaient pas en charge les onéreux forfaits voix et données, les smartphones n’occuperaient probablement pas la place qui est actuellement la leur.

· Des possibilités de saisie limitées — Que ce soit par habitude ou par nécessité fonctionnelle, la plupart des utilisateurs ont besoin d’un clavier et d’une souris de bonnes dimensions qui leur permettent d’exécuter la plupart de leurs applications et fonctions professionnelles. Les claviers des tablettes ne sont guère performants lorsqu’il s’agit d’écrire davantage qu’un email ; une souris est nécessaire pour créer des présentations ; et surtout, les applications qui ne sont pas spécifiquement conçues pour une tablette sont à la peine. En fait, il est tout simplement inimaginable d’écrire ou de concevoir de façon intensive sur une tablette.

· Pas d’application vraiment définitive pour les tablettes — Les tablettes font preuve d’une exceptionnelle polyvalence pour des usages personnels — lecture, jeux électroniques, vidéos, etc. Mais quid de l’utilisateur professionnel lambda qui l’utilise essentiellement pour échanger du courrier électronique et naviguer sur le Web ? Les entreprises n’ont pas encore trouvé le moyen de déployer leurs applications métier de façon adéquate dans cet environnement. C’est la raison majeure pour laquelle les tablettes progressent au ralenti. C’’est pourtant la clé de leur succès futur.


Quel avenir pour les tablettes ?

Pour réussir, les tablettes ont deux possibilités : prendre la place des smartphones ou celle des ordinateurs portables.

Si les ventes de tablettes ne décollent pas au sein des entreprises, c’est essentiellement parce qu’elles ne permettent pas d’utiliser les mêmes applications que les ordinateurs portables, notamment à cause de la taille de l’écran et des ports d’entrée. Les tablettes ne peuvent pas reproduire les mêmes applications sur un écran de 9 pouces, avec un clavier virtuel (qui occupe la moitié de l’écran) et un simple doigt.

Une autre alternative consisterait à relier la tablette à un écran de grandes dimensions conjugué à un clavier et à une souris — ce qui revient en fait à recréer un espace de travail qui suivrait l’utilisateur au fil de ses déplacements. L’accès aux applications natives ou à un bureau virtuel permettrait de vivre la même expérience qu’avec un ordinateur de bureau ou portable, la tablette servant uniquement de « support ». Séparée de ses accessoires, elle retrouverait son rôle de périphérique portable. Grâce à cette option séduisante, les utilisateurs pourraient laisser leur ordinateur portable à la maison, voire ne pas en acheter.

Les périphériques de saisie offrent un autre moyen d’augmenter la productivité des tablettes. Est-ce que l’ajout d’une souris améliorerait les ventes d’iPad ? Peut-être. Le stylet incarne également une amélioration potentielle intéressante. Les écrans tactiles dont les tablettes sont actuellement pourvues réagissent bien à l’index, mais ne disposent ni d’une sensibilité, ni d’un design adaptés au stylet. La création d’un écran capable de prendre en charge à la fois la saisie tactile et au moyen d’un stylet de qualité serait la bienvenue.

Aujourd’hui, les ventes de tablettes sont coincées entre celles des smartphones (et phablets) et des ordinateurs portables. Si la baisse des ventes de tablettes ne garantit en rien son succès futur, la tablette n’a pas encore dit son dernier mot.

Mais pour s’imposer pour de bon, les fabricants de tablettes doivent imaginer de nouveaux moyens de prendre en charge des applications complexes, s’ouvrir aux périphériques de saisie et optimiser la gestion de l’espace d’affichage. Si les tablettes parviennent à supplanter les ordinateurs portables et les terminaux « clients légers » (Chromebook) — un marché actuellement en plein essor —, leur réussite ne devrait probablement pas tarder.

source : http://www.itrnews.com/articles/152205/avenir-tablettes-entreprise-guillaume-tyrant-product-maketing-manager-emea-citrix.html?key=2c33f281d3ad3e8e​

Rédigé par OOKAWA-Corp

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