Le détecteur de fumée façon Google enregistre les faits et gestes de la maisonnée - Sous couvert de sécurité

Publié le 1 Avril 2015

Le détecteur de fumée façon Google enregistre les faits et gestes de la maisonnée - Sous couvert de sécurité

Le détecteur de fumée façon Google enregistre les faits et gestes de la maisonnée. Sous couvert de sécurité.

C'est bien plus qu'une bataille commerciale. L'arrivée des thermostats et capteurs intelligents Nest à la Fnac ou à Darty coïncide avec l'obligation pour les foyers français de s'équiper d'un détecteur de fumée avant le 8 mars 2015. Une marque parmi d'autres sur un marché juteux ? Pas tout à fait, car la start-up californienne Nest, créée en 2010 par deux anciens d'Apple, a polarisé l'attention en janvier, lorsque Google l'a acquise pour 2,5 milliards d'euros. Cher payé pour un équipement au potentiel apparemment moins attrayant que ceux de la voiture sans pilote ou des Google glass.

Débauche de capteurs. En réalité, les produits développés par Nest (un détecteur et un thermostat) vont bien au-delà de leur mission première, c'est-à-dire réguler la température du logement et lancer une alerte incendie dès qu'une fumée est décelée. Bardés de capteurs, ils détectent le mouvement, une présence, une modification de la luminosité ou de la température... Autant de données qu'ils enregistrent et transmettent à une appli, laquelle décortique et analyse les faits et gestes des occupants de l'habitation. Pour Lionel Paillet, le patron européen de Nest, la sécurité a tout à y gagner : «la plupart des détecteurs sont inertes, n'indiquent pas ce qui se passe. Nest Protect, en revanche, met à jour automatiquement son programme, signale un taux élevé de monoxyde de carbone, indique d'où vient la fumée ou détecte un départ de feu sans fumée.»

Cheval de Troie.

Dans les mains de Google, ce petit bijou technologique apparaît surtout comme un supermouchard, connectable aux caméras de surveillance Dropcam, acquises par Nest en juin dernier, à Google Maps, aux équipements électroménagers, à une voiture...

En France, l'association la quadrature du Net a dénoncé la volonté de Google de «récupérer un maximum d'informations sur les gens», dépeignant Nest comme un formidable cheval de Troie qui permet au géant de l' internet d'entrer physiquement chez les particuliers. Et de collecter une masse de données qu'il pourra céder aux plus offrants. Ainsi, direct Energie pourra les utiliser pour analyser la consommation d'énergie de ses abonnés dotés d'un thermostat Nest et gérer leur compte.

Ce système fonctionnant grâce au cloud, les risques de piratage sont réels. Google s'engage, la main sur le cœur, à protéger les données de ses utilisateurs. Pourtant, un pirate philippin a déjà accédé à des informations personnelles et financières de certains clients de Nest. Et, en Floride, des chercheurs ont démontré qu'il était possible d'introduire des logiciels malveillants au cœur des dispositifs Nest.

Les objets connectés vendront-ils leur âme au diable ?

Laure de Langeais

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Ampoules, thermostats, four, volets roulants et serrures électroniques... tous ces objets pourront communiquer avec un terminal iOS. De grands noms de l'équipement comme Philips, haier, honeywell ou Withings sont sur les rangs.

source : http://www.capital.fr/immobilier/actualites/pourquoi-le-detecteur-de-fumee-nest-passe-t-il-pour-big-brother-1010860​

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