Consommation. Le fax fait de la résistance - Dare to be better ? OK !

Publié le 30 Juin 2015

Consommation. Le fax fait de la résistance - Dare to be better ? OK !

On le disait moribond, condamné à prendre la poussière dans les greniers et les musées.

Vingt ans après l'arrivée d'internet, le fax n'a pourtant toujours pas pris sa retraite, même si son horizon s'est rétréci.

Échanges entre administrations, envoi de documents bancaires ou de contrats... : « Des millions de personnes continuent à utiliser le fax chaque jour dans le monde », explique Jonathan Coopersmith, professeur à la Texas A & M University et auteur d'un ouvrage sur l'histoire de cet objet. Plus surprenant encore : des machines neuves continuent à se vendre, aux entreprises comme aux particuliers. « Les ventes baissent régulièrement à cause des e-mails. Mais le marché est loin d'avoir disparu », confirme Nicolas Cintré, directeur adjoint France de Brother, entreprise japonaise leader du secteur.

En 2005, les professionnels du secteur estimaient les ventes mondiales à 20 millions par an.

Aujourd'hui, elles tournent toujours autour de plusieurs millions. « Le marché résiste. Ceux qui prédisaient la mort du fax voilà dix ans se sont trompés », poursuit Nicolas Cintré. À l'origine de cette résistance inattendue : « L'attachement de certains utilisateurs à la télécopie », notamment chez les « générations les plus âgées ». « Il y a des habitudes qui perdurent. Le fax sert alors d'élément d'appoint en cas de pannes informatiques », explique le responsable de Brother. Le poids des habitudes, cependant, n'explique pas tout. Il y a aussi le fait que « le fax permet d'envoyer des documents signés, considérés comme authentiques, ce qui n'est pas le cas des courriels », précise Jean Champagne, directeur général de Sagemcom Canada, filiale du groupe de télécoms Sagemcom. Dans le milieu des affaires, mais aussi dans le monde médical ou dans les tribunaux, les télécopies restent ainsi privilégiées pour l'envoi de données confidentielles ou bien sensibles. « Il est quasiment impossible d'intercepter des transmissions par fax. Les documents ne peuvent pas être manipulés », insiste Jean Champagne. Tous les pays, face au fax, ne sont pas logés à la même enseigne.

Aux États-Unis, les télécopieurs ont ainsi quasiment disparu de la circulation - Xerox, considéré comme l'inventeur du premier modèle de machine grand public, a d'ailleurs arrêté voilà plusieurs années de commercialiser des fax simples.

Au Japon, où le télécopieur est depuis des décennies un appareil jugé indispensable à tout foyer, le fax reste, à l'inverse, très largement utilisé.

En 2014, près d'1,2 million de télécopieurs/téléphones pour particuliers ont ainsi été écoulés dans l'archipel. Et, en 2015, un total d'1,1 million devraient être vendus. « En plein essor » Et en Europe ? « On est sur un marché intermédiaire », souligne Nicolas Cintré. En France, près de 40.000 fax ont ainsi été vendus en 2013. Sans compter les machines « quatre en un » (imprimante, scanner, photocopieur et fax), de plus en plus présentes sur le marché.

Car face au lent déclin de la télécopie, nombre de fabricants ont décidé de s'adapter. Certains, comme Brother, en misant sur les machines multifonctions. D'autres, en pariant sur les solutions logicielles de fax par internet, permettant d'envoyer un fax sous forme de pièce jointe intégrée dans un mail. « C'est un domaine en plein essor », va jusqu'à assurer Jean Champagne, qui évoque des chiffres de croissance « de près de 20 % par an » pour les ventes de ces « faxware ». De quoi préserver définitivement le fax de la mort qui lui semblait promise ? « Tant que le cadre légal et juridique du fax sera maintenu, il résistera », prédit Jean Champagne.

© Le Télégramme - source : http://www.letelegramme.fr/france/consommation-le-fax-fait-de-la-resistance-29-06-2015-10684764.php​

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