FranceLeaks : après les écoutes des présidents, les preuves de l'espionnage économique

Publié le 18 Septembre 2015

FranceLeaks : après les écoutes des présidents, les preuves de l'espionnage économique

Après avoir révélé que les trois derniers présidents français avaient été mis sur écoute par la NSA, l'agence de renseignement américaine, Wikileaks a publié une nouvelle série de documents ce lundi 29 juin. Relayés par Libération et Mediapart, ces documents indiquent notamment que deux ministres, François Baroin et Pierre Moscovici, ainsi que la quasi-totalité des entreprises du CAC 40, ont été espionnés. Tous les secteurs de l'industrie et plus généralement de l'économie seraient potentiellement concernés.

En pleine semaine de canicule en France, nouveau coup de froid en vue sur les relations diplomatiques entre Paris et Washington. Alors que la semaine dernière, Wikileaks révélait que les trois derniers présidents de la République française avaient été placés sous écoute par la NSA, de nouveaux documents publiés ce lundi 29 juin montrent que l'agence de renseignement américaine s'est également livrée à des activités d'espionnage économique.

BAROIN ET MOSCOVICI CITÉS DANS LES DOCUMENTS

Ces documents, publiés par Libération et Mediapart, montrent notamment que Pierre Moscovici (ministre de l'Economie de mai 2012 à août 2014) et François Baroin (ministre du Budget entre mars 2010 et novembre 2011) ont été écoutés par les services secrets américains lorsqu'ils étaient au ministère de l'Economie et des Finances. Un sous-directeur du Trésor, un diplomate de haut rang et un parlementaire socialiste ont également fait partie de ce programme d'écoutes entre 2004 et 2012, précise Mediapart.

LE CAC 40 SUR ÉCOUTE

L'agence de renseignement américaine avait ciblé "une centaines d'entreprises hexagonales, dont la quasi-totalité de celles cotées au CAC 40", assure de son côté Libération. Cet espionnage a pu "aller du simple vol des plans d'étude au pillage de données technologiques confidentielles", mais ce sont surtout "les renseignements sur les appels d'offre impliquant des entreprises américaines" qui intéressait la NSA, détaille le journal. Dans son communiqué Wikileaks indique que "la mise sur écoute de l'ensemble des négociations et contrats porte sur des valeurs supérieures à 200 millions d'euros". "Cela ne concerne pas seulement l'ensemble des grandes entreprises françaises, depuis BNP Paribas, AXA et le Crédit Agricole jusqu'à Peugeot, Renault, Total et Orance, mais cela affecte aussi les principales organisations agricoles françaises", ajoute Wikileaks.

Mediapart évoque notamment un document daté de 2002 actualisé en 2012 et qui "montre que tous les moyens des services secrets américains sont mis à contribution pour espionner les négociations de 'toute proposition de contrats français' à l’export, que ce soit dans les domaines des télécommunications, de l’électricité, du pétrole, du gaz, du nucléaire, mais aussi des énergies renouvelables, des transports, de la santé ou des biotechnologies". Pour le site d'information, "si aucun nom de société n'est mentionné dans les documents Wikileaks, à la lecture de ces notes, ce sont les récits de contrats commerciaux perdus par les entreprises françaises qui prennent un autre sens". Des histoires d'entreprises sont également appelées à être revisitées, souligne Mediapart, évoquant les cas de Gemplus, de la séparation entre Alcatel et Alstom ou encore de Sanofi.

PARTAGE DES INFORMATIONS AVEC LE ROYAUME-UNI

"Les documents établissement clairement que la NSA s'est vu ordonner d'obtenir des renseignements sur l'ensemble des aspects de l'économie française, depuis ses politiques économiques, sa diplomatie, ses banques et jusqu'à ses participations aux organisations internationales, en passant par les activités commerciales et ses pratiques usuelles", indique le communiqué de Wikileaks, qui précise que les informations obtenues ont été partagées avec les autres membres du groupe des "Five Eyes", les plus proches partenaires des Etats-Unis : le Canada, la Nouvelle Zélande, l'Australie, le Royaume Uni.

source : http://www.usine-digitale.fr/editorial/franceleaks-apres-les-ecoutes-des-presidents-les-preuves-de-l-espionnage-economique.N339007

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