AXA investit les Big Data : conduite, santé, video-surveillance du domicile, Apps, ... Vers un Monde de surveillance !

Publié le 28 Novembre 2015

AXA investit les Big Data : conduite, santé, video-surveillance du domicile, Apps, ... Vers un Monde de surveillance !

L'assureur multiplie depuis deux ans sa transformation digitale.


Au travers d'applications pratiques dans le domaine des assurances auto ou multirisque habitation, AXA peut proposer des offres au plus près des besoins de ses clients.

Depuis deux ans, le groupe AXA ne cesse de multiplier les initiatives dans le domaine des Big Data : création d'un Data Innovation Lab à Suresnes, mise en place d'une chaire « Stratégie digitale et Big Data » avec HEC Paris, d'une autre « Data Science for Insurance Sector » avec Polytechnique… Au sein d'AXA France, l'accélération de la transformation digitale se traduit par la création, en interne, d'une plate-forme d'une trentaine de collaborateurs spécialistes du Data. « Nous les intégrons à nos équipes pour faire évoluer nos méthodes de travail car le Big Data implique une collaboration pluridisciplinaire », témoigne Amélie Oudéa-Castéra, directrice générale adjointe d'AXA particuliers et professionnels en charge de la direction digital, marque et partenariats.

Selon elle, les Data ont d'abord permis de décloisonner les trois modèles de services apportés au client : le contact physique avec les agents généraux, la plate-forme téléphonique et le « self care », les interactions via le Web ou l'application mobile Mon AXA. « Le décloisonnement de l'information permet de la partager en temps réel entre tous les acteurs de la relation client. La capacité de délivrer un meilleur service quel que soit le point de contact est une évolution notable », assure Amélie Oudéa-Castéra.

Ce grand bouleversement dans le métier de l'assureur, qui risque de faire vaciller le paradigme même de la mutualisation, est le plus visible dans le domaine de l'assurance automobile. A l'été 2014, AXA Direct Assurance lançait l'application AXA Drive qui, connectée à un boîtier, collecte des informations sur la conduite, croisées avec celles du GPS : freinage, accélération, vitesse, comportement dans un virage. Le dispositif établit un score de conduite et un profil du conducteur selon sa prudence ou sa prise de risques. Téléchargée par près de 140.000 clients et prospects, l'application ne fait pas encore le lien entre comportement et prime d'assurance. Ce pas a été franchi en 2015, avec l'offre d'assurance auto connectée YouDrive. Testée pendant six mois auprès de 500 clients, elle a été ouverte au grand public en octobre. Elle pourrait séduire les jeunes conducteurs vertueux, pénalisés par leur âge, et leur permettre d'économiser jusqu'à 50 % de leur prime. A l'inverse, les plus téméraires verraient leur prime augmenter. « C'est une petite révolution dans notre métier : individualiser l'appréciation des risques non plus seulement en fonction de facteurs sociodémographiques, mais en lien avec les pratiques individuelles », se réjouit Amélie Oudéa-Castéra.

Depuis le 12 octobre, le groupe a lancé son pilote de maison connectée, en partenariat avec Myfox, Nest, Philips, Orange et Kiwatch, afin de détecter les risques d'intrusion, d'incendie et de monoxyde de carbone dans les maisons. Des détecteurs de fumée ou de présence, des caméras de vidéosurveillance sont reliés à l'application Mon AXA. L'objectif de l'expérimentation : analyser les risques, comprendre si ce dispositif permet de les prévenir, évaluer les répercussions sur les primes. « On vise un test avec 2.000 clients. Nous avons 140 agents généraux qui proposent ce service. Les premiers user tests donnent des signaux encourageants », note Amélie Oudéa-Castéra.

Etoffer l'offre de services

Le traitement de données, notamment celles issues de la navigation de l'internaute sur le site Axa.fr ou sur d'autres portails, grâce aux partenariats digitaux que le groupe a conclus avec des sites qui sont des carrefours d'audience, permet de détecter des événements dans la vie du client, comme un déménagement. L'assureur est alors là pour proposer une assurance multirisque habitation pour le nouveau logement. « A travers l'analyse des requêtes sur Google, nous pouvons anticiper les risques de rachats sur les contrats assurance-vie », illustre la dirigeante.

Grâce au Big Data, l'assureur approfondit sa connaissance du profil des épargnants et anticipe mieux leur départ à la retraite. Il est en mesure de leur proposer des offres au plus près de leurs besoins et de remplir ainsi son obligation de conseil. Le croisement de données contribuerait aussi à relever un autre challenge réglementaire, posé par la loi Eckert : la recherche de bénéficiaires de contrat assurance-vie.

La dimension de prévention serait renforcée par une bonne appréciation des open data. « Si l'on constate une recrudescence des cambriolages à Cannes, par exemple, nous pourrions prévenir nos clients à travers l'application Mon AXA et leur conseiller les précautions à prendre », ajoute Amélie Oudéa-Castéra. Un traitement volumique des données de la gendarmerie donnerait une vision affinée sur les routes dangereuses en France, qui pourrait être restituée auprès des clients.

Afin de conserver la confiance de clients, gage d'une relation solide et fidèle, AXA a publié en juin dernier ses engagements en matière de confidentialité et de protection des données personnelles. « Nous sommes transparents sur la façon dont sont collectées, anonymisées, stockées et exploitées ces données. Nous n'utilisons aucune donnée sans l'accord explicite du client », souligne Amélie Oudéa-Castéra.


source : http://www.lesechos.fr/thema/transformation-digital/021473299217-axa-investit-les-big-data-1176545.php#xtor=RSS-38​

Nous sommes transparents sur la façon dont sont collectées, anonymisées, stockées et exploitées ces données. Nous n'utilisons aucune donnée sans l'accord explicite du client

Amélie Oudéa-Castéra, directrice générale adjointe d'AXA particuliers et professionnels en charge de la direction digital, marque et partenariats

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