Ne pas avoir de diplôme est plus pénalisant aux États-Unis qu'en France

Publié le 12 Février 2016

Ne pas avoir de diplôme est plus pénalisant aux États-Unis qu'en France

Alors que la classe moyenne s'est nettement érodée aux États-Unis depuis 1996, le mouvement a été beaucoup moins fort en France. Outre-Atlantique, le diplôme joue plus qu'en France.

Par certains côtés, mieux vaut vivre en France qu'aux États-Unis. Selon une étude publiée jeudi par France Stratégie, un organisme lié à Matignon, un Américain sur deux appartient à la classe moyenne, contre deux Français sur trois. Et ce sachant qu'une personne est considérée comme appartenant à cette classe lorsque ses revenus sont compris entre deux tiers et deux fois le revenu médian (revenu partageant la population en deux). Ce qui, en France, équivaut à un revenu annuel compris entre 16.550 et 49.650 euros pour une personne seule.

Contrairement aux idées reçues, le niveau d'éducation a plus d'impact aux États-Unis qu'en France. La probabilité pour une personne sans le bac d'appartenir à la classe des bas revenus est beaucoup plus élevée outre-Atlantique (59%) qu'en France (29%). Symétriquement, selon l'OCDE, le «rendement» de l'éducation est plus élevé aux États-Unis, garantissant des revenus relativement plus importants aux titulaires d'un bac plus 3. Bref, le self-made-man américain tient en partie du mythe.

«Qui plus est, la classe moyenne aux États-Unis s'est plus fortement érodée sur la période 1996-2012 (-3,6 points) qu'en France (-1,5 point)», précise l'étude. Outre-Atlantique, la classe moyenne a été grignotée par une hausse à la fois de la proportion de personnes à bas revenus et à hauts revenus. La croissance de ces dernières années y a été inégalitaire. De 2002 à 2007, les deux tiers de la hausse du PIB a été capté par 1% des personnes les plus aisées. De 2009 à 2014, cette proportion a baissé mais est restée très élevée (58%). Résultat des courses, aux États-Unis, le revenu médian a stagné à compter de 2000, et a même reculé à partir de 2008.

Meilleure intégration des étrangers aux États-Unis

En France, l'histoire économique a été différente. «Pour toutes les classes, le revenu médian y est en constante augmentation jusqu'à 2008», écrit David Marguerit, l'auteur de l'étude. L'Hexagone est même, avec le Luxembourg, le seul pays à avoir connu une augmentation de la classe moyenne de 1985 à 2005. Les choses se sont gâtées après la crise de 2008: le revenu médian a reculé et les inégalités se sont accrues. La classe moyenne est donc un peu moins nombreuse en 2012 - 67,4% de la population - qu'en 1996 (68,9%). «Il est encore trop tôt pour dire si cette inflexion n'est qu'un phénomène temporaire, lié aux effets de la crise économique de 2008, ou si elle marque une rupture durable», estime France Stratégie.

Il y a toutefois un domaine où les États-Unis font nettement mieux: l'intégration des étrangers. Les personnes nées hors du territoire national ont dans les deux pays une probabilité plus forte d'être dans la classe des bas revenus que les nationaux. Mais l'écart est plus fort en France (+17,2 points) qu'outre-Atlantique (+12,4%). Il est vrai que le taux de chômage n'est pas différent aux États-Unis pour les étrangers et les nationaux, ce qui n'est pas le cas en France

source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/02/12/20002-20160212ARTFIG00013-ne-pas-avoir-de-diplome-est-plus-penalisant-aux-etats-unis-qu-en-france.php

Ne pas avoir de diplôme est plus pénalisant aux États-Unis qu'en France
Repost 0
Commenter cet article