Primaire Droite 2016 Fillon-Juppé : leurs programmes numériques

Publié le 21 Novembre 2016

Les entreprises françaises sont en retard dans leur mutation numérique

François Fillon

la France a pris récemment un sérieux retard quant à l’intégration du numérique dans son économie

Alain Juppé

Primaire Droite Fillon-Juppé : leurs programmes numériques

Les candidats désignés pour le deuxième tour de la primaire de la Droite et du Centre ont un programme numérique plutôt détaillé et qui ont un point commun : dresser un constat plutôt que de donner des pistes concrètes d’améliorations. 

 

En tapant sur votre moteur de recherche préféré « Juppé numérique » ou « Fillon numérique », vous tomberez rapidement sur les sites dédiés des deux candidats. C’est un premier bon point pour les deux hommes qui rêvent d’incarner la droite républicaine lors de la prochaine élection présidentielle. Plusieurs similitudes tout d’abord : les deux programmes numériques sont disponibles en PDF, par un simple bouton sur le site de François Fillon, à recevoir par mail pour Alain Juppé après avoir laissé son adresse électronique et son code postal (!). 

Le programme en PDF du premier propose 11 pages d’analyses agrémentées de certaines propositions. Celui d’Alain Juppé en compte 55, avec une mise en page beaucoup plus aérée. Autre point commun : les deux candidats insistent lourdement sur le constat actuel de la France numérique. « Les entreprises françaises sont en retard dans leur mutation numérique », analyse François Fillon, quand son concurrent note que « la France a pris récemment un sérieux retard quant à l’intégration du numérique dans son économie ». Tous deux se réfèrent par ailleurs à un chiffre : 70 milliards d’euros de PIB supplémentaires d’ici 2020 peuvent être espérés grâce au numérique et à ses emplois. Dans son programme, François Fillon rappelle que le poids du numérique dans le PIB en 2013 était de 5,5%, loin derrière le Royaume-Uni (10%), les Etats-Unis (8%) ou la Corée du Sud (10,1%). 

Il est assez plaisant de constater que les nouvelles technologies semblent plutôt bien appréhendées dans les programmes des deux candidats. « Big data, voiture autonome, médecine prédictive, compteurs connectés, économie circulaire, technologies open data et open source, et autre blockchain ne sont que les exemples les plus éloquents d’une révolution qui est désormais bien en marche », lit-on dans le programme d'Alain Juppé. Son concurrent se contente quant à lui d’une infographie un poil réductrice et caricaturale :

Les 10 propositions d’Alain Juppé

Alain Juppé consacre plusieurs pages dans son programme pour expliquer ce qui, selon lui, ne fonctionne pas actuellement. Secteur stratégique, le numérique souffre de plusieurs maux en France comme un taux de couverture Très Haut Débit insuffisant, l’incapacité à faire émerger des licornes et des champions numériques, un manque criant de business angels (10 000 en 2015 selon France Angels, contre près de 80 000 au Royaume-Uni), etc. Toutefois, « la France possède tous les atouts pour être un acteur majeur de la révolution numérique », ajoute-t-il évoquant la bonne formation des jeunes, la qualité de nos ingénieurs et une grande créativité. 

De ces constats découlent 10 propositions qui seront certainement bien accueillies. Toute la problématique sera leur mise en œuvre concrète ; un sujet qui n’est finalement que très peu abordé dans le PDF d’Alain Juppé. Les propositions concrètes sont les suivantes : 

  1. Eduquer au numérique et à l’entrepreneuriat
  2. Former tout au long de la vie aux nouveaux besoins
  3. Favoriser le développement de nos start-up et de l’entrepreneuriat
  4. Soutenir l’innovation
  5. Accompagner l’ensemble de nos entreprises dans la digitalisation
  6. Rénover l’État par le Numérique
  7. Réduire la fracture numérique sur notre territoire
  8. Mettre en place une véritable stratégie de cybersécurité
  9. Affirmer une souveraineté numérique européenne
  10. Repenser la démocratie à l’ère numérique et favoriser la participation des citoyens

Les 9 propositions de François Fillon 

C’est dans un style graphique plus scolaire que le candidat François Fillon dévoile quant à lui ses propositions et, comme son concurrent, commence par une sérénade sur l’état actuel de la France en matière de numérique. « Liberté, Efficacité, Croissance et Cohésion sociale », tel est le slogan de François Fillon qui résume peu ou prou ses engagements que voici : 

  1. La généralisation de l’enseignement du Numérique pour tous et à tous les niveaux
  2. Vers un meilleur équilibre entre manuels scolaires et contenus pédagogiques numériques
  3. Une meilleure gouvernance du Numérique
  4. Créer un « Contrat de confiance aux PME » pour l’accès à la commande publique
  5. L’instauration de services publics de l’open data avec le bon équilibre entre progrès et protection de l’individu
  6. Un régime fiscal plus favorable à la prise de risque
  7. Mettre en œuvre un plan de généralisation du Très-Haut-Débit
  8. Le renforcement des mesures de cybersécurité
  9. La mise en place d’un agenda européen pour l’équité de traitement fiscal entre les majors américaines et les entreprises européennes et pour le soutien aux plateformes « loyales »

Comparatif des propositions sur la cybersécurité

Il serait trop long de comparer point par point les programmes des deux candidats, ce pourquoi nous nous sommes penchés sur leurs propositions en matière de cybersécurité. « La cybersécurité et la cyberdéfense se sont imposées comme priorités de sécurité nationale pour les grandes puissances mondiales », écrit François Fillon dont les trois propositions sont relativement consensuelles à savoir :

  • Renforcer dans le cadre européen la coordination entre les Etats, les organisations régionales et le secteur privé
  • Encourager, à travers la commande publique notamment, une coopération accrue entre l’Etat et les acteurs économiques majeurs du secteur comme Dassault-Systèmes et Thalès
  • Créer et mettre en place un Cloud européen ou national (dans ce cas en passant par un partenaire du secteur privé)

En réponse, Alain Juppé se montre plus intéressant avec quatre propositions plus en phase avec les problématiques du moment : 

  • Moderniser les pratiques de l’Etat face aux cyberattaques : recours aux «Bug Bounty », renforcement de la e-police, formation des magistrats à la cybersécurité. 
  • Instaurer un Pacte pour la cybersécurité entre l’Etat et les entreprises pour créer une offre nationale et européenne compétitive. 
  • Renforcer la coopération à l’échelle européenne (consolider Europol, soutenir la création d’une Agence européenne de sécurité des systèmes d’information…) 
  • Renforcer notre « cyber diplomatie » au niveau international

 

 

 

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