Campagne de propagande de Daesh : quid de la reconnaissance automatique de lieu et de visage ?

Publié le 10 Mars 2017

 

En voulant apporter leur soutien à la nouvelle campagne de propagande de Daesh, des sympathisants de l’organisation terroriste ont clairement divulgué leurs lieux d’habitation. Face à cette faille, les journalistes du site d’investigation Bellingcat se sont régalés.

La négligence, ça ne pardonne pas. Et les sympathisants de Daesh risquent gros sur ce coup-là… Ce samedi 21 mai, dans le cadre de la dernière campagne de propagande de Daesh, le porte-parole du groupe terroriste, Abu Mohammed al-Adnani, délivrait un message audio à ses partisans. Dans son discours, il invitait notamment à attaquer les infrastructures civiles et militaires d’Europe et des Etats-Unis en juin, mois durant lequel a lieu le Ramadan.

Des sympathisants trompés par leur bêtise

Bien mal lui en a pris, car dans la foulée, des dizaines de sympathisants islamistes affichaient leur soutien sur les réseaux sociaux… en commettant un oubli de taille. Pour témoigner leur allégeance, ces derniers ont posté, la plupart du temps sur Telegram, des photos de leurs propres bras brandissant des morceaux de papiers sur lesquels ils affichaient leurs messages de soutien à Daesh.

Sur ces photos, de nombreuses villes européennes apparaissent en arrière-plan. Sheera Frankel, journaliste à Buzzfeed News, y voit “une intention d’installer la peur, en montrant que le groupe a des supporters dans les principales villes d’Europe”. Mais une faille semble claire : une fois le décor de la photo reconnue, localiser ces sympathisants devient très facile, certains d’entre eux ayant même ajouté leurs adresses précises.

Les internautes reconnaissent Amsterdam, Paris, Münster…

Très vite, Eliot Higgins, fondateur du site de journalisme participatif et citoyen Bellingcat, a fait appel aux internautes via Twitter pour identifier ces lieux. Plusieurs personnes ont ainsi déjà reconnu les villes que l’on aperçoit sur les photos des partisans de Daesh, comme cette intersection au nord de la ville allemande de Münster.

Sur une autre photo pro-Daesh apparaissent un bus à impériale rouge en arrière-plan ainsi qu’un panneau indiquant le métro de Londres. Peu de temps après, un internaute identifiait la station nord-londonienne Bruce Grove. Sur celle-ci, située à Amsterdam, plusieurs personnes ont rapidement localisé sa proximité avec l’aéroport Schiphol.

Mais qui se cache derrière Bellingcat ?

Ce n’est pas la première fois que le site Bellingcat aide à résoudre une enquête publique. En juillet 2015, les journalistes de cette nouvelle plate-forme d’investigation clarifiaient des infos cruciales au sujet du crash du Boeing 777 MH17 survenu en Ukraine un an auparavant. En étudiant des images satellites et en épluchant les réseaux sociaux, plusieurs médias de journalisme citoyen, dont Bellingcat ou CORRECT!V, concluaient ainsi, huit mois avant les médias traditionnels, que le missile avait été tiré depuis le territoire des séparatistes pro-russes.  

Et pourtant, Bellingcat n’en était qu’à ses balbutiements. Lancé le 15 juillet 2014 par le journaliste et blogueur anglais Eliot Higgins via une campagne de financement Kickstarter, ce tout nouveau site de journalisme citoyen vise à mener des enquêtes d’investigation grâce à des ressources (vidéos, images, cartes…) en open-source, c’est-à-dire mises à la disposition de tout le monde. ”Des cartels de drogue mexicains aux conflits du monde entier“, comme le précise le site, Bellingcat est aujourd’hui composé d’une vingtaine de personnes. Ancien gamer reconverti, Higgins, 36 ans, gère son site à plein temps mais ne paie pas ses blogueurs : 100 % participatif, on a dit.

source : 

https://fr.news.yahoo.com/les-journalistes-citoyens-de-bellingcat-rep%C3%A8rent-094827882.html

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