COVID-19 : confinement désinfection une étape cruciale pour stopper un cycle vicieux

Publié le 25 Mars 2020

".../... Les maladies infectieuses, comme tous les phénomènes vivants, ne sont plus aujourd’hui ce qu’elles étaient hier et ne sont pas aujourd’hui ce qu’elles seront demain.

On peut même avancer qu’entre le début et la fin de nos observations et de nos expériences,
il y a changement .../..."

Charles Nicolle, Destin des maladies infectieuses (1933)

".../... On comprend, par conséquent, qu’il ne soit pas bon, pour aborder l’étude des maladies infectieuses, d’y apporter l’esprit, les méthodes dont le mathématicien, le physicien, le chimiste font un si juste emploi dans leurs recherches. Sans doute, nul, parmi les biologistes, ne l’ignore ou ne le nie, les actes de la vie se résolvent en faits d’ordre physico-chimique ; mais le moindre phénomène vivant constitue un ensemble si complexe qu’aucun progrès ne saurait être réalisé, si l’on en abordait l’étude avec un esprit uniquement mécaniste .../..."

Charles Nicolle, Destin des maladies infectieuses (1933)

https://edition.cnn.com/2020/01/20/health/what-is-coronavirus-explained/index.html
https://edition.cnn.com/2020/01/20/health/what-is-coronavirus-explained/index.html

 

Le Professeur Moncef Guenounou, Immunologiste

répond à certaines questions sur ce que le Monde vit actuellement.

 

Résumé : Je confine, tu confines. Nous protégeons


La nouvelle maladie infectieuse respiratoire appelée COVID-19 (pour COronaVIrus Disease)
est causée par le virus SRAS-Cov-2.

Elle a démarré en Chine dans la ville de Wuhan (province de Hubei) en décembre 2019 et a dévalé en quelques semaines sur le monde entier semant l’effroi avec une vitesse sans limite.

En dehors d’une transmission animale des premiers cas, la transmission interhumaine est établie. L’absence d’immunité contre ce nouveau virus dans la population générale ne laisse aucune barrière à sa diffusion d’un individu à l’autre, en l’absence de mesures de contrôle et de prévention.

Pourtant, ce n’est pas une fatalité. Nous pouvons freiner sa diffusion, réussir à trouver un traitement et obtenir un vaccin pour l’avenir, grâce à l’élan de recherche sans précédent en cours.

Le SRAS-Cov-2 est un virus à ARN, entouré d’une enveloppe de forme ronde ou elliptique en Couronne (de Roi ou de Reine ?), d’où le nom de CORONA. C’est un colis piégé. Il faut, avant tout, l’éviter.

La nature principalement lipidique de l’enveloppe lui confère un avantage de taille pour se lier à la membrane cellulaire pour la traverser et déverser son matériel génétique à l’intérieur de la cellule infectée. L’équipement enzymatique qui accompagne l’ARN génomique viral lui permet de faire de multiples copies de cet ARN qui va directement se lier aux organites cellulaires pour les détourner et les faire travailler à son profit. L’objectif étant de produire rapidement un grand nombre de nouveaux virions qui iront infecter d’autres cellules et ainsi de suite.

En dehors d’une thérapie permettant de stopper une étape cruciale de ce cycle vicieux, il est impératif d’empêcher le virus d’atteindre nos cellules.

Donc, il faut lui barrer la route et se soustraire de son chemin : Confinement, masques, produits virucides etc…

Cette enveloppe si avantageuse pour la pénétration des cellules cibles est aussi son point faible.

Elle est fragile. L’enveloppe des Coronavirus est sensible aux solvants lipidiques, l’éthanol, les désinfectants contenant du chlore, ainsi qu’aux rayons ultraviolets et à la chaleur, …

Au niveau de chaque individu, c’est le lavage minutieux et fréquent des mains (au savon) qui sera l’essentiel de la barrière.

Au niveau collectif, seul le confinement permet de réduire de façon drastique le nombre de contaminations.

Le virus ne survit pas chez un individu plus de 3 semaines. Si l’individu n’a contaminé personne d’autre durant cette période, et se débarrasse du virus, le virus est mort. Le confinement réduit les contacts humains donc les chances de transmission.

L'équation est simple, et les exemples chinois et sud-coréen, où le nombre de cas diminue, montre sa justesse : plus il y aura de confinements, moins il y aura de cas.

Cela permet de soulager les systèmes de soins pendant la phase exponentielle de l’épidémie pour se consacrer aux cas graves et donner un peu plus de temps aux chercheurs et aux soignants de trouver des traitements et, bien sûr à moyen terme, un vaccin.

Ces mesures seront d’autant plus efficaces qu’elles seront mises en oeuvre à temps et respectées.

C’est donc l’affaire de tous, sans exception.
 

Pr Moncef Guenounou, Immunologiste : 20/03/20

Membre de New3S

Bio-technologie réalisé par B'3DWeb New3S

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